Maintenu au gouvernement, Darmanin entend « peser davantage sur les choix » pour le pays

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    Elu samedi maire de Tourcoing, le ministre de l’action et des comptes publics conserve pour l’instant ses deux fauteuils, et semble lorgner sur Matignon.

    Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 01h51, mis à jour à 02h00

    Gérald Darmanin, élu samedi maire de Tourcoing, dans le Nord, va cumuler « pendant un temps » cette fonction avec son portefeuille ministériel avec la bénédiction, assure-t-il, du tandem Macron-Philippe et entend désormais « peser davantage sur les choix » pour le pays.

    « Le président de la République et le Premier ministre m’avaient autorisé à être ministre et candidat. Ils m’ont autorisé, pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles » liées à l’épidémie de Covid-19, « à exercer ces deux fonctions », a déclaré le ministre de l’action et des comptes publics dans un entretien au Journal du dimanche. « Mais sans cumuler les rémunérations : je ne toucherai pas l’indemnité de maire », reversée à la Société protectrice des animaux.

    Exit la jurisprudence instaurée par Lionel Jospin en 1997 qui veut qu’un ministre ne peut pas diriger un exécutif local. Certes, il s’agit d’une règle non-écrite – qui a souffert des exceptions, à gauche comme à droite (Le Drian, Sarkozy…) – mais le premier ministre l’avait martelée en septembre 2019.

    Agé de 37 ans, le ministre de l’action et des comptes publics a sans surprise été élu samedi matin maire par le conseil municipal de la deuxième plus grande ville du Nord (100 000 habitants) derrière Lille. Sa liste l’avait emporté haut la main dès le premier tour, le 15 mars, avec 60,9 % des voix, sur fond d’abstention record (74,6 %).

    Gérald Darmanin retrouve le siège occupé entre mars 2014, quand le jeune élu alors estampillé UMP avait ravi la ville au PS, et septembre 2017. A son entrée au gouvernement, le ministre, désormais LRM, avait déjà attendu quatre mois avant de céder son fauteuil à un fidèle et de devenir premier adjoint.

    Contrairement à son collègue Franck Riester (culture) et à Edouard Philippe, lancés dans la bataille en annonçant qu’ils ne seraient pas maires, M. Darmanin avait affiché la couleur dès sa candidature. « Si je suis tête de liste, c’est pour être maire », prévenait-il fin janvier dans La Voix du Nord. Selon une source gouvernementale, il ne pourra toutefois pas cumuler indéfiniment : « il a eu le feu vert jusqu’au remaniement », qui pourrait intervenir en juillet ou en septembre. « Il n’est pas sain de cumuler les deux dans la durée », admet d’ailleurs l’intéressé.

    Certes, il « fera ce que le président [lui] dira de faire », comme il le dit dans le JDD, mais pas sûr que la tentation de Tourcoing l’emporte sur ses ambitions nationales. Car s’il élude la question sur un changement de portefeuille – on l’a dit tenté par un grand ministère style affaires sociales, au périmètre élargi – « le petit-fils d’immigré » et « fils de femme de ménage » entend bien « peser davantage » sur les choix politiques et « continuer à travailler » avec Emmanuel Macron « pour réparer notre pays ». « Mon engagement auprès du président de la République reste et restera entier, quelles que soient mes fonctions au sein du gouvernement ou en dehors », proclame-t-il.

    S’il ne « croit pas un mot » des éventuelles tensions entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, il est peu disert sur le chef du gouvernement. « C’est une chance de travailler en confiance avec Edouard Philippe, qui est un grand premier ministre », dit-il sobrement, soulignant au passage à deux reprises avoir été « élu au premier tour » des municipales là où le premier ministre doit affronter un second tour délicat le 28 juin au Havre.

    De fait, son entretien au JDD peut se lire comme une offre de service pour Matignon. Se revendiquant du « gaullisme social » et confiant avoir voté pour Jean-Pierre Chevènement au premier tour de la présidentielle de 2002 – un point commun avec Emmanuel Macron, Gérald Darmanin vante « une troisième voie » entre « le capitalisme débridé et l’économie administrée », plaide pour « une généralisation de l’actionnariat salarié » et appelle à « mener une politique pour le peuple ».

    Promotion à venir ou pas, le chef de l’Etat a bel et bien décidé à garder à ses côtés l’un des rares poids lourds de son équipe, qui doit, face à la crise économique et financière liée au Covid-19, boucler le texte clé du projet de loi de finances rectificative, débattu fin juin au Parlement.

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