World news – FR – Prometheus – la critique

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CINÉMA

Trente-deux ans après Alien, Sir Ridley cambriole une seconde fois l’olympe de la SF et en redescend majestueusement, les poches remplies de feu sacré. Chronique d’une renaissance.

Résumé : Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

Critique : Si on l’appelle Sir, c’est parce que le titanesque M. Ridley s’est anobli tout seul (bien avant la pose du royal pins), le 25 mai 1979, en tapissant d’horreur(s) les parois ventrales d’une science-fiction alors trop sage. Oui, Scott a d’abord été l’alien-tænia de son propre genre – celui qu’il a marqué d’une pierre noire – avant de s’auto-bombarder maître des lieux. Mais force est d’admettre que, hormis Blade Runner, un Thelma et Louise sur-nommé mais (quasi)non récompensé et un Gladiator qui aura au moins eu le mérite de redonner au péplum son lustre perdu (à défaut d’être indiscutable), l’amoureux des replicants a, depuis, principalement donné dans la démo technique efficace mais désinvestie (American Gangster, La chute du faucon noir) tout en se vautrant, par ailleurs, dans une innommable soupe populaire (Kingdom of Heaven, Robin des bois). Qu’est ce donc que Prometheus, on vous le demande, si ce n’est un triple appel de la matrice ? Celui de Scott donc, qui revient à ses premières amours ; celui de ses personnages, conviés à l’autre bout de l’univers par leurs potentiels papas intergalactiques, mais aussi le nôtre, pauvre créatures régressives attirées dans les salles par une série de trailers magistraux, avec l’intime conviction que nous allions retrouver nos huit ans et leur cortège de sombres émerveillements.
Parce qu’avec son héritage colossal, Prometheus est un film qu’on se fait avant de le voir. D’ailleurs, chacun y cherche ce qu’il a envie d’y trouver : un survival spatial suffocatoire, la résolution des mystères du space jockey (ce cadavre d’extraterrestre trouvé par l’équipage du Nostromo dans le premier film) ou tout simplement un blockbuster pompier tétanisant de maîtrise. Mais le bon maître Ridley, conscient de nos attentes, n’est visiblement pas du genre à être aveuglé par sa propre mythologie. Aussi, c’est plutôt celle de Prométhée qu’il a voulu creuser, sans oublier toutefois de préserver un certain ADN Alien jamais renié. Sortons donc rapidement du faux débat sur la nature de son dernier-né, parce que s’il est bel et bien (chronologiquement en tout cas) un prequel de l’œuvre fondatrice, Prometheus est un film qui doit beaucoup plus à son titan éponyme qu’au huis clos flippant de son ancêtre. De l’antique délinquant voleur de flammes, Scott, Lindelof et Spaihts ont en effet tiré la quintessence de leur récit et la raison d’être de leurs personnages. Chacun d’entre eux en est un écho lointain ou une illustration explicite. Et si le duo de scientifiques à l’origine de l’expédition (Noomi Rapace, hallucinante, et Logan Marshall-Green) figure en quelque sorte le versant positif du mythe, à savoir une soif de connaissance fondamentale (puisque Prométhée barbote le feu aux dieux pour l’offrir aux hommes), la plupart des autres membres de l’équipage sont plutôt à ranger dans la catégorie des victimes –collatérales ou non – de nos ambitions transcendantales. Et oui, vilains bipèdes, on ne dépasse pas impunément sa propre condition. On peut parler d’hybris, en grec, mais on peut aussi avancer qu’il ne faut pas avoir les yeux plus gros que l’espèce.
Ainsi, sans cuistrerie, et sans schématisme excessif, Prometheus se sert de ce levier narratif pour mieux saisir ses protagonistes, et faire converger intelligemment leurs désirs tout en les baignant dans un questionnement métaphysique simple mais constamment juste. Au niveau de l’écriture, c’est de la haute couture, de la dentelle pointilleuse qui fera certainement passer de mauvaises nuits aux souverains habituels du box-office. Pas une ligne de dialogue ne sort de la gangue thématique voulue par les auteurs (on retrouve d’ailleurs le goût de Lindelof, cocréateur de Lost, pour l’imagerie et la mystique païenne) et, à l’économie, le scénario propage ses marottes avec la constance d’un marathonien mono-obsessionnel. Entre les complexes œdipiens inhérents à notre volonté antédiluvienne de souhaiter la mort symbolique de nos parents-ou leur propre besoin de survivre à travers nous – qu’on retrouve à peu près à tous les étages du récit (entre autres : la relation entre les explorateurs et les space jockeys, le rapport de l’androïde David à son créateur et à l’humanité en général), les habituelles interrogations techno-organiques de Scott, qui ne sortent pas non plus du creuset prométhéen, et l’arrière-plan spirituel qui surveille discrètement le tout, on se retrouve embarqué dans un petit miracle d’horlogerie science-fictionnelle. Alors certes, on pourra toujours arguer que toutes les portes enfoncées par Prometheus étaient déjà ouvertes. Oui, mais quand un métrage de cette ampleur manipule un cliché, il lui fait honneur, et il se permet surtout de le placer dans le meilleur contexte qui soit : celui de son origine. Vous ne retrouverez pas l’atmosphère de maison hantée cosmique du premier Alien, parce que là où l’équipage du Nostromo agissait en réaction à ses découvertes, celui du Prometheus est , globalement, venu confronter son incurable besoin de savoir à son instinct de survie. Et ce n’est pas le moins sacrificiel des deux qui l’emporte. Prometheus est un film fasciné, jamais terrorisé, quand bien même la mise en scène de papa Scott se veut assez viscérale pour vous vriller les tripes à l’occasion.
Comme tous les grands réalisateurs, Ridley est un chasseur de mondes. Et pour aller chercher l’humanité orpheline au berceau, il vaut mieux savoir donner corps à ses mondes. Un corps palpable, odorant. Un corps en souffrance parfois. Il faut frapper là ou pêchent les trois quarts des films de science-fiction contemporains : à l’os. Dans Prometheus, rien n’échappe à cette impérieuse nécessité de vraisemblance, ni la viscosité des organismes, ni le grain des peaux, ni le bouillonnement des veines. C’est un film qui jouit par la matière, fait suinter ses parois et transpirer ses chairs. C’est aussi un film qui sait chérir ses lézardes, empoussiérer ses galeries, bref, donner de l’épaisseur à ses visions. On sait également que le studio 007 de Pinewood (un des plus grands d’Europe), n’était pas assez grand pour accueillir tels quels les décors réels que M. Scott exigeait (dixit Arthur Max, chef décorateur à qui on va certainement envoyer une médaille, n’importe laquelle). Rien ici ne sent l’incrustation numérique malheureuse, ou la texture de carnaval pour infographiste complexé. Aucun effet douteux, aucun maquillage de kermesse ne vous sortira du film. À ce titre, Prometheus est une expérience rare, qui doit faire date, ne serait ce que techniquement. Mais oui Roland Emmerich, c’est bien vous que nous regardons.
Du reste, la tyrannie par le détail a également d’heureuses conséquences sur la réalisation de Scott. Chaque décor, qu’il s’agisse du « temple » extraterrestre ou des coursives du vaisseau, est filmé comme la propre chambre du grand breton. On s’y sent toujours posé sur la meilleure étagère. Chaque échelle de plan est pertinente, comme si toutes les autres possibilités avaient été épuisées. Sir Ridley est un œil ambulant, et son métrage est cousu d’évidences. Regarder Prometheus, c’est comme subir une insémination graphique, on s’y sent toujours porté par le bon courant, la bonne vitesse, la bonne ampleur surtout. S’il aime le grandiose et le gigantisme, c’est sans vulgarité, comme un flirt un peu insistant mais jamais embarrassant. Dans sa façon de capturer ses personnages, d’alterner la rigueur des plans de l’androïde avec la furia des scènes d’action, Prometheus vous écrase la tête contre le cadre, et l’y maintient savamment. Il nous laisse aussi un peu sur notre faim, à force de nous aiguiser l’appétit. On regrette par exemple que la monstrueuse invention visuelle de la séquence d’ouverture -qu’on ne voudrait pas vous spoiler- ne trouve que peu d’échos dans le reste du film, si ce n’est lors d’une scène d’opération in vitro durant laquelle on a du faire le deuil de notre souffle. Mais s’il n’est pas assez aventureux, le métrage a quand même assez d’intuitions iconiques dans la cartouchière pour vous faire avaler deux heures de projection comme un comprimé dont la facilité d’ingestion n’a d’égale que la longueur des effets.
Enfin, tout en saturant leur film d’éléments labellisés Alien pour éclairer la trilogie (ou, du moins, son premier opus), Scott et ses scénaristes permettent paradoxalement à Prometheus de s’affranchir de sa reine pondeuse, et ouvrent leur final vers la recherche d’une autre genèse. L’espace n’est plus seulement un tombeau, il entend désormais ses colons crier. Et si on peut gager que ses fantasmes panthéistes seront boudés par les amoureux du survival primitif et autres fanatiques du facehugging compulsif, avançons nous à dire qu’on ne construit rien sur des ruines aussi prestigieuses. Avec Prometheus, Sir Ridley ne boucle pas la boucle, il refait un nœud, plus solide, moins confiné et plus pervers encore, dans son fil d’or. Long live the king. Parce que vu la séquence finale, vous aurez encore de ses nouvelles.

Frédéric Mignard 29 mai 2012

Prometheus – la critique

Une oeuvre monumentale, établie par un artiste visionnaire, mais qui manque peut-être d’émotion ou de grands frissons. Alien, premier du nom, était une leçon de sobriété et de peur ancestrale dans un genre de SF horrifique. Vu les enjeux narratifs de Prometheus qui aime lorgner vers la métaphysique, on aurait pu attendre des sentiments tout aussi vertigineux…
Reste un spectacle total, armé de comédiens qu’on aime vraiment et d’effets spéciaux époustouflants.

Jean-Christophe Malévialle 30 mai 2012

Prometheus – la critique

Formellement, le dernier Ridley Scott s’impose aux spectateurs comme une œuvre magistrale, tant par la qualité de ses décors et de ses costumes, que par sa photographie. Il est aisé d’user de superlatifs pour l’évoquer. Sur le fond, Prometheus ne se vautre pas dans l’argile originelle. Bien au contraire. Le scénario, tissant des liens avec Alien le huitième passager, puise allégrement dans la mythologie grecque et propose une certaine vision anthropogénique non exempte d’une réflexion métaphysique. Hautement recommandable.

roger w 4 juin 2012

Prometheus – la critique

Esthétiquement superbe, Prometheus est un prequel plutôt réussi qui parvient à intéresser de bout en bout. Porté par des images superbes, une 3D efficace et des acteurs investis, le film permet de revisiter l’univers d’Alien, tout en s’en démarquant suffisamment pour offrir du nouveau. Si certains passages s’avèrent plus faibles, l’ensemble est de très bonne tenue.

Frédéric de Vençay 10 juin 2012

Prometheus – la critique

On pourrait légitimement s’énerver à constater que “Prometheus”, fort d’un matraquage marketing (presque) sans précédent et d’une odeur de film culte annoncé, ait pu se monter sur un matériau de base aussi chancelant : le scénario de Lindelof et Spaihts, clairement bourré d’incohérences, de facilités et de raccourcis hénaurmes. Pour ceux qui pourraient opposer qu’il ne faut attendre, d’un spectacle comme celui-là, que sa magnificence visuelle (et elle est au rendez-vous), on pourra répondre que les ambitions (philosophiques, métaphysiques, cinématographiques) de Ridley Scott dépassent de très loin le roller-coaster. Références grossières, script expédié, conduite de récit d’une bêtise rare (digne de certains de ses rejetons hollywoodiens les plus dégénérés), le réalisateur se plante en beauté sur le terrain néo-mythologique et ne signe pas de nouveau classique de la SF. Alors, que reste-t-il de “Prometheus”, à part des promesses non remplies ? De belles images principalement, un début franchement intriguant et quelques séquences très réussies, mais qui ne se comptent que sur les doigts d’une main. Petite mention à Michael Fassbender, qui tisse un début de réflexion sur le devenir-cyborg (coucou “Blade Runner”), intéressante quoiqu’avortée en cours de route.

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SOURCE: https://www.w24news.com/news/world-news-fr-prometheus-la-critique/?remotepost=305056

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